CINEMA
Dimanche 6 mars à 20h
au Footsbarn -- La Chaussée

VODKA LEMON
Film réalisé en 2004 par Hiner Saleem
Synopsis
Sept dollars par mois de retraite, une armoire, un vieux téléviseur soviétique et un costume militaire pour tout capital, Hamo, bel homme de soixante ans, vit dans un village kurde d’Arménie avec l’un de ses fils et sa petite fille. Une lettre de son deuxième fils arrive de France. Une rumeur se propage selon laquelle l’enveloppe serait pleine de dollars…
Quelques mots de plus
Des paysages nus et enneigés, tour à tour brumeux et lumineux, quelques maisons, des chaises dehors en attente d’un avenir meilleur, un village perdu d’Arménie, avec sa guinguette à vodka et son cimetière. Toute entreprise plantée dans ce paysage prend alors un aspect à la fois fantastique et burlesque ; Hamo qui cherche à vendre son armoire qu’il transbahute sur son dos, Nina qui vend de la vodka au goût d’amande au milieu du nulle part, un repas de noce pris dans la neige. Hamo et Nina, tous deux veuf et veuve, se rendent sur la tombe de leurs époux respectifs et finiront par se rapprocher, tant la vie et la solitude sont rudes. Hiner Saleem parvient avec des bouts de ficelle à créer un univers décalé ponctué d’humour et de fantaisie. « Notre passé est triste, notre présent est catastrophique, mais, heureusement, nous n’avons pas d’avenir » disait le grand père du réalisateur, une phrase drôle et terrible qui pourrait donner le ton du film. Il conte les petits bonheurs débrouillards d’un monde en péril. Un p’tit verre de vodka pour lutter contre le froid, l’ennui, en geste de salut, c’est un rituel qui les protège. Il faut dire que par le froid glacial que nous montrent ces étendues glacées, on comprend mieux le besoin de ce petit remontant.
On y trouve un lien avec le film géorgien « Depuis qu’Otar est parti », mais aussi une proximité avec Kusturica dans l’utilisation de la musique et d’une certaine folie. C’est porté par la clarinette du début, de la petite musique d’Adamo jusqu’au piano de la fin, qu’il faut écouter ce film. Car cette musique, douce, féroce et mélancolique ouvre une des portes de cette histoire.
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Hiner Saleem, le réalisateur
Né en 1964 au Kurdistan irakien, Hiner Saleem, le réalisateur, a du fuir son pays à l’âge de 17 ans pour d’échapper au régime oppressif de Saddam Hussein. Il lui faudra attendre la chute du régime dictatorial d’Hussein en avril 2003 avant de pouvoir retrouver son pays. Réfugié politique, Hiner Saleem vit à Paris depuis dix ans.
Vodka Lemon est le troisième film d’Hiner Saleem. En 1997 il réalisait Vive la mariée… et la libération du Kurdistan. Un premier film mis en scène dans les quartiers kurdes de Paris. Allait suivre Passeurs de Rêves en 1999, tourné comme Vodka Lemon, dans un village kurde d’Arménie, puis plus récemment « Kilomètre Zero ».
Soupe maison et court métrage venu d’ailleurs offerts avant la séance
Entrée 5€ pour tous